Sous la canicule de juillet, Bologna accueille les voyageurs de ses ruelles étroites, de ses arcades interminables et du parfum de café qui s'échappe de chaque bar. Puis, sur la Piazza Maggiore, surgit soudain un édifice colossal : la Basilica San Petronio, la plus grande église de Bologna, un véritable géant qui, à ce jour, n'a jamais été achevé.
La façade raconte sa propre histoire
Sa façade raconte sa propre histoire : la partie inférieure resplendit de marbre blanc et de motifs sculptés, tandis que la partie supérieure reste brute, en brique. L'ensemble paraît ainsi un peu inachevé, et c'est précisément ce qui lui confère son charme particulier. On a l'impression de contempler un fragment d'histoire vivante, à mi-chemin entre l'accompli et le rêve.
La construction débuta dès 1390. Les Bolognais voulaient édifier une église qui surpasserait jusqu'à la basilique Saint-Pierre de Rome . Ils n'en furent pas loin : San Petronio figure parmi les dix plus grandes églises du monde. Mais le pape perçut rapidement l'ambition de la ville et mit fin à ces plans grandioses : « Rome est le centre, Bologna doit rester au second rang. » Et ainsi elle demeura : magnifique, mais inachevée.

Le code vestimentaire de la basilique doit être respecté
À l'intérieur, une fraîcheur spacieuse vous accueille. De hautes voûtes, des vitraux colorés, la lumière qui tombe d'en haut, et le sentiment que le silence y trouve toujours sa place. L'église abrite de nombreux trésors artistiques, mais ce qui étonne le plus est la meridiana (ligne méridienne), un fin liseré de laiton incrusté dans le sol. Par un petit orifice ménagé dans la voûte, le soleil marque chaque jour l'heure et la saison. Au XVIIe siècle, il s'agissait d'une sorte d'observatoire astronomique !
Nous sommes entrés tandis qu'à l'extérieur la chaleur était écrasante. À l'entrée, des bénévoles vérifient la tenue vestimentaire : comme dans la plupart des grandes églises d'Italie, des règles de bienséances'appliquent. Ceux qui portent des shorts ou des jupes trop courts se voient remettre de légers foulards pour se couvrir. Ils sont transparents, mais suffisants, et soudain tous les touristes se ressemblent un peu, comme s'ils appartenaient à un club de voyageurs en quête de fraîcheur et de beauté.
Pause sur les marches de la basilique
À l'intérieur, nous avons assisté à une messe célébrée en polonais. Les voix du chœur résonnaient sous les voûtes gothiques, et il y avait quelque chose d'étrange et de beau à entendre une langue slave familière au cœur d'une ville italienne.
Le plus beau moment fut celui de la sortie. La chaleur nous frappa de plein fouet, et comme beaucoup d'autres, nous nous sommes assis sur les larges marches devant la basilique. On y trouve toujours quelqu'un : des touristes avec des sacs à dos, des habitants avec une glace, des étudiants avec des guitares. Un peu d'ombre suffit pour sentir que l'on bat au rythme de la ville.

Histoire et présent se rejoignent
San Petronio n'est pas seulement un monument architectural. Elle est le symbole de l'aspiration permanente de Bologna à dépasser ce qu'on lui accordait. Un lieu où l'histoire et le présent se fondent l'un dans l'autre : l'ancien rêve de grandeur, les prières en de nombreuses langues, les chants sur la place et le pouls vivant de la ville.




