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Chiens et chats en Italie : entre amour des animaux et bureaucratie

3 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
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L'Italie est depuis longtemps considérée comme un pays d'amoureux des animaux, et les chiens font partie du paysage urbain familier, notamment dans des villes comme Rome. Dans les ruelles du sud de l'Italie, les chats jouissent presque du statut de petits héros locaux. Selon les estimations, environ un tiers des foyers italiens accueillent au moins un animal de compagnie, ce qui souligne l'importance de règles claires. Plus les animaux sont considérés comme des membres à part entière de la famille, plus le débat sur leurs droits, leurs libertés et la responsabilité de leurs propriétaires s'intensifie.

La protection animale comme obligation de l'État

L'un des fondements essentiels est la législation italienne, qui punit les mauvais traitements et l'abandon d'animaux domestiques, et qui engage de plus en plus la responsabilité des propriétaires d'animaux . Dans la pratique, cela signifie que les animaux doivent souvent être enregistrés et identifiés afin que leurs propriétaires puissent être tenus responsables. Les systèmes d'identification varient selon les régions, mais le principe d'un enregistrement obligatoire est désormais établi.

Dans les quartiers résidentiels italiens, les contrats de location et les règlements intérieurs déterminent souvent si et comment les animaux de compagnie peuvent être détenus. Les conflits liés au bruit, aux odeurs ou aux espaces communs sont particulièrement fréquents dans les immeubles en copropriété. Tandis que les propriétaires d'animaux considèrent ces derniers comme des membres de la famille, les copropriétés invoquent des exigences de tranquillité et d'hygiène. Dans de nombreuses villes, des obligations de laisse et d'autres dispositions sont en vigueur, contrôlées par les autorités locales.

Défis et problèmes structurels

Certaines régions du nord de l'Italie ont adopté une approche technologique : dans la province de Bolzano, un enregistrement ADN obligatoire des chiens est mis en place afin que les déjections canines puissent être attribuées à un propriétaire grâce à des traces génétiques . Cette mesure a suscité des critiques en raison de son coût élevé et des difficultés de mise en œuvre pratique. D'autres régions observent cette évolution avec intérêt.

Une discussion particulièrement controversée porte sur des taxes supplémentaires dans la région du Südtirol : une proposition envisageait une redevance journalière d'environ 1,50 euro par chien pour les touristes, ainsi qu'une taxe annuelle d'environ 100 euros pour les propriétaires de chiens locaux. Un article du Guardian rapporte que les associations de défense des animaux et du tourisme ont qualifié la proposition de « pure madness ». Le projet a finalement été retiré, du moins provisoirement. Il n'existe actuellement aucune taxe sur les chiens uniforme à l'échelle nationale en Italie. La plupart des réglementations relatives à la détention de chiens portent sur l'enregistrement, l'identification ainsi que les obligations de laisse ou de muselière.

Voyager avec ses animaux : bienvenu, mais encadré

L'Italie se présente volontiers au monde extérieur comme un pays accueillant pour les animaux. Cela dit, les personnes voyageant avec un chien ou un chat doivent notamment justifier d'une identification par micropuce et de vaccinations à jour. Par ailleurs, chaque région ou commune détermine les conditions d'accès aux plages, aux monuments historiques et aux autres équipements publics.

L'Italie se trouve à un carrefour entre un attachement croissant aux animaux, une évolution sociale profonde et une modernisation souvent conflictuelle du cadre réglementaire. Les animaux de compagnie ne sont plus seulement perçus comme des compagnons, ils se trouvent au cœur de questions relatives à l'ordre public, aux coûts et à la responsabilité. Pour les propriétaires d'animaux comme pour les élus et les communes, l'enjeu sera de trouver un équilibre durable entre proximité affective et cadre légal.

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