Zum Inhalt springen

Cumes : une promenade à travers la plus ancienne colonie grecque d'Italie

6 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
Partager:

Non loin de Naples, là où la mer Tyrrhénienne rencontre le paysage volcanique des Campi Flegrei se trouve un lieu où l'histoire et le mythe s'entremêlent de façon unique : le parc archéologique de Cumae. Ce site antique n'est pas seulement une destination de visite fascinante, c'est aussi la plus ancienne colonie grecque du continent italien, fondée dès le VIIIe siècle avant notre ère par des colons venus de Chalcis, sur l'île d'Eubée.

Cumae fut ainsi le premier avant-poste culturel du monde hellénique en Italie, appelé à jouer un rôle fondamental dans le développement des cultures italiques. C'est de là que se répandirent non seulement les marchandises et les idées grecques, mais aussi l' alphabet, qui allait devenir le fondement de l'écriture latine. À Cumae commença, si l'on peut dire, l'histoire écrite de l'Europe.

La mystérieuse Sibylle et la porte des Enfers

Mais Cumae est bien plus qu'un lieu d'histoire culturelle : c'est aussi un centre de spiritualité antique et de tradition légendaire. La ville est surtout connue pour la célèbre Sibylle de Cumae, prophétesse d'Apollon, dont l' oracle était dissimulé au cœur de la roche. Le poète romain Virgile décrit dans son Énéide comment le héros Énée vient y chercher conseil avant de descendre aux Enfers, un moment littéraire d'une puissance symbolique considérable.

Le fameux Antro della Sibilla, que l'on peut visiter aujourd'hui dans le parc, est un couloir spectaculaire taillé dans le tuf, avec une haute voûte et des niches latérales. Même si les archéologues s'interrogent encore sur le fait que ce lieu fut réellement l'oracle de la Sibylle, l'aura qui s'en dégage reste indéniable. La pierre froide et humide, le jeu de lumière et d'ombre, le silence absolu créent une atmosphère qui éveille immédiatement l'imaginaire.

Le fameux Antro della Sibilla, que l'on peut visiter aujourd'hui dans le parc, est un couloir spectaculaire taillé dans le tuf, avec une haute voûte et des niches latérales. (Photo : © Bastian Glumm)
Le fameux Antro della Sibilla, que l'on peut visiter aujourd'hui dans le parc, est un couloir spectaculaire taillé dans le tuf, avec une haute voûte et des niches latérales. (Photo : © Bastian Glumm)

Cumae : temples, ruines et regard sur la mer éternelle

En poursuivant la visite du parc, on atteint l'acropole de Cumae, cœur spirituel de la cité antique. Sur la colline, depuis laquelle la vue s'étend à perte de vue sur la mer, s'élevaient autrefois de majestueux temples dédiés à Apollon et à Zeus. Il n'en subsiste aujourd'hui que des fondations, des vestiges de colonnes et la structure d'ensemble, mais le lieu n'a rien perdu de son pouvoir d'évocation. Dans la clarté de la lumière, avec les parfums de maquis et de pinèdes, l'Antiquité semble à portée de main.

Les chemins descendent ensuite vers les vestiges romains de la ville plus tardive. On y découvre des restes du forum, des thermes, de maisons d'habitation et d'une basilique. La trame d'une cité autrefois florissante reste clairement lisible. Les voies romaines traversent le site en longues lignes droites, et à chaque pas sur les pavés antiques, on perçoit le passage des innombrables générations qui ont foulé ce sol avant nous.

Entre vie et mort : les nécropoles de Cumae

Un chapitre particulièrement saisissant est celui des vastes champs funéraires qui s'étendent autour de la cité. Dans les nécropoles longeant les anciennes voies de sortie, les archéologues ont mis au jour des chambres funéraires appartenant à des époques très différentes, de la période archaïque jusqu'à l'Antiquité tardive. Certaines tombes sont sobres, d'autres richement ornées. Inscriptions, offrandes funèbres et particularités architecturales révèlent non seulement les pratiques liées au culte des morts, mais aussi l'organisation sociale de la ville.

Ces sépultures font aujourd'hui l'effet de témoins silencieux de vies révolues. Elles parlent d'une société qui n'occultait pas la mort, mais l'intégrait à son quotidien, dans ses rituels, ses constructions et sa mémoire collective.

Le charme de Cumae ne réside pas seulement dans ses monuments, mais dans l'alliance unique de beauté paysagère, de profondeur historique et d'une sérénité presque méditative. (Photo : © Bastian Glumm)
Le charme de Cumae ne réside pas seulement dans ses monuments, mais dans l'alliance unique de beauté paysagère, de profondeur historique et d'une sérénité presque méditative. (Photo : © Bastian Glumm)

Un lieu de recueillement, pas seulement pour les historiens

Le charme de Cumae ne réside pas seulement dans ses monuments, mais dans l'alliance unique de beauté paysagère, de profondeur historique et d'une sérénité presque méditative. Le parc est enchâssé dans une végétationméditerranéenne parfumée, les sentiers serpentent à travers des bocages lumineux, entre chênes verts, cistes et menthe sauvage. Et à chaque détour, le regard se pose sur la mer, cette mer par laquelle arrivèrent jadis les premiers colons grecs et qui continue aujourd'hui encore de marquer le paysage.

Comparé à des sites antiques plus célèbres comme Pompéi ou le Forum Romanum , Cumae est un endroit calme, presque silencieux. Ce n'est pas un musée à ciel ouvert envahi par les foules et les selfie-sticks, mais une sorte d'espace libre pour l'imagination. Ceux qui prennent le temps de s'y attarder, de se laisser porter par l' histoire, les mythes et le jeu de la lumière sur la pierre, en repartent avec une profondeur qui ne se révèle pas d'emblée, mais se dévoile lentement, presque avec révérence.

Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Foto: © Bastian Glumm
Partager:

Cet article vous a plu ?

Recevez alors chaque dimanche les derniers articles sur la vie en Italie directement dans votre boîte de réception.


Ceci pourrait également vous intéresser