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La Piazza Maggiore de Bologne : le cœur vibrant de la ville

4 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
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Nous étions en été à Bologna, lors d'une de ces vagues de chaleur où la pierre sous les pieds semble presque fondre. C'est là que nous nous sommes retrouvés soudain sur la Piazza Maggiore , la place centrale de la ville, qui porte toute son histoire en elle. Sa création n'a rien d'accidentel : dès le début du XIII<sup>e</sup> siècle, Bologna connaissait une croissance rapide, portée par son université, le commerce et l'artisanat.

À cette époque, la ville était gouvernée par des consuls , puis par ce qu'on appelait les Podestà, des administrateurs extérieurs élus pour contenir les luttes de pouvoir entre les grandes familles nobles locales. Ce sont eux qui entreprirent de racheter des maisons et de dégager de l'espace afin de créer une grande place centrale, un lieu où la vie pulsait, où se tenaient les marchés et où le peuple se rassemblait. C'est ainsi que naquit la Piazza Maggiore , « la grande place ».

Familles puissantes et domination pontificale

Au cours des siècles suivants, différentes forces façonnèrent le destin de la ville. D'abord la commune et de puissantes familles comme les Bentivoglio, qui contrôlaient de facto la ville au XV<sup>e</sup> siècle. Puis les papes prirent le pouvoir : en 1506, le pape Jules II intégra Bologna aux États pontificaux, et jusqu'au XIX<sup>e</sup> siècle la ville demeura, à quelques brèves interruptions près, sous contrôle romain.

Le Palazzo del Podestà avec la Torre dell'Arengo, l'un des palazzi historiques de la Piazza Maggiore. (Photo : © Bastian Glumm)
Le Palazzo del Podestà avec la Torre dell'Arengo, l'un des palazzi historiques de la Piazza Maggiore. (Photo : © Bastian Glumm)

On le perçoit encore aujourd'hui : la Basilica di San Petronio devait à l'origine devenir la plus grande église d'Europe, surpassant même la basilique Saint-Pierre de Rome. Mais les papes firent interrompre le chantier, et c'est pourquoi la façade est restée inachevée à ce jour, ce qui lui confère un charme tout particulier.

Des édifices qui racontent l'histoire

Autour de la place se dressent des bâtiments qui témoignent de ce pouvoir et de cette histoire. Le Palazzo d'Accursio fut jadis l'hôtel de ville ; il abrite aujourd'hui une bibliothèque et un musée. Dans sa cour intérieure, nous avons pris une photo, entre des murs qui ont vu défiler bien des souverains et des changements de régime. Le Palazzo dei Notai rappelle l'époque où les notaires exerçaient une influence considérable. Le Palazzo del Podestà incarne la période des gouverneurs étrangers. Et le Palazzo dei Banchi, construit au XVI<sup>e</sup> siècle, témoigne de l'importance du commerce et de la banque pour Bologna.

Une place extraordinairement vivante

Aujourd'hui, la Piazza Maggiore est bien plus que de l'histoire : c'est un lieu de rendez-vous, une scène de concert, un espace festif et, en été, même un cinéma en plein air. On peut simplement s'asseoir sur les marches de pierre, observer les passants et sentir que Bologna n'est pas un musée, mais une ville vivante qui préserve son patrimoine tout en respirant au présent. Et pour plonger encore plus loin dans le passé, il suffit de se rendre à la toute proche Biblioteca Salaborsa: sous son sol de verre, on peut contempler de véritables vestiges romains, comme une poupée gigogne de l'histoire.

Monument au scientifique Luigi Galvani sur la Piazza Galvani, juste à côté de la Piazza Maggiore. (Photo : © Bastian Glumm)
Monument au scientifique Luigi Galvani sur la Piazza Galvani, juste à côté de la Piazza Maggiore. (Photo : © Bastian Glumm)
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