Lorsqu'une famille allemande s'installe en Italie ou y vit quelques années, elle se retrouve face à un système scolaire qui semble familier au premier regard, mais fonctionne en réalité très différemment. Là où l'Allemagne confie l'éducation aux Länder, c'est le ministère de l'Éducation à Rome qui détient les rênes en Italie. Là où les écoles allemandes misent de plus en plus sur la journée complète, les cours se terminent souvent à midi en Italie. Et là où l'Allemagne attribue des notes de 1 à 6, l'Italie s'appuie sur une échelle de 0 à 10 points. Un examen attentif révèle pourtant que ce système est construit de façon logique et offre de réelles opportunités aux enfants comme aux parents, à condition d'en comprendre la structure.
Un système aux étapes bien définies
Le parcours scolaire des enfants italiens commence souvent à la scuola dell'infanzia, l'école maternelle. Elle est facultative, mais la quasi-totalité des enfants de trois à six ans y participe. Le déroulement de la journée ressemble à celui d'un jardin d'enfants allemand, avec toutefois des ambitions pédagogiques un peu plus marquées : le langage, les compétences sociales et la motricité y sont travaillés de façon ciblée. Pour les enfants venant de l'étranger, cette période est souvent décisive pour apprendre l'italien rapidement.
À six ans débute la scuola primaria, qui dure cinq ans. Elle correspond globalement à l'école primaire allemande, mais sans la répartition précoce entre différentes filières du secondaire. Les enfants restent la plupart du temps dans des classes stables, et les enseignants occupent tantôt un rôle de professeur principal, tantôt celui de professeur de matière. Les cours se tiennent le matin, souvent jusqu'à 13 heures. Les classes à journée complète avec cantine existent surtout dans les grandes villes. Ce qui frappe les parents allemands, c'est le rythme bien tranché entre les cours du matin et les devoirs de l'après-midi.
Le collège en Italie dure trois ans
Après l'école primaire vient la scuola secondaria di primo grado, le collège, qui s'étend sur trois ans. C'est la période où l'enseignement devient nettement plus disciplinaire : aux côtés de l'italien, des mathématiques et de l'histoire figurent les sciences naturelles, une deuxième langue étrangère et les bases des nouvelles technologies. À l'issue de la troisième année, les élèves passent un examen de fin de cycle qui prépare leur entrée au lycée.
La scuola secondaria di secondo grado, le lycée, est une étape déterminante du parcours éducatif italien. Elle dure cinq ans et comprend trois types d'établissements. Le Liceo est la voie la plus académique, orientée vers les études supérieures, avec des spécialités en sciences, langues classiques, arts ou pédagogie, entre autres. Les istituti tecnici combinent des bases théoriques avec une pratique technique ou économique. Les istituti professionali préparent davantage aux métiers artisanaux et aux secteurs des services. Toutes ces voies aboutissent à la Maturità, un examen final réglementé au niveau national, comparable au Abitur allemand, qui donne accès aux études supérieures.
Scolarité obligatoire et parcours flexibles
L'obligation scolaire ne prend fin en Italie qu'à 16 ans. Jusqu'à cet âge, tous les enfants et adolescents doivent suivre l'enseignement, qu'ils soient citoyens italiens ou étrangers. Au-delà, une sorte d'« obligation de formation » impose d'obtenir, avant 18 ans, soit un diplôme de l'enseignement secondaire, soit une qualification professionnelle.
Une particularité à noter : l' instruction à domicile est possible, mais sous des conditions strictes. Les parents doivent démontrer qu'ils sont en mesure de garantir le niveau d'apprentissage requis, et les enfants passent des examens dans des établissements publics.
Notes, bulletins et redoublement
Le système de notation italien est l'un des plus grands changements auxquels les parents allemands doivent s'adapter. Les élèves sont évalués sur une échelle de 0 à 10, la note minimale pour valider étant 6. Un 7 est considéré comme satisfaisant, un 8 comme bien, et les notes de 9 et 10 sont très bonnes, mais loin d'être la norme. À l'école primaire, on utilise encore en partie des appréciations verbales, mais dès le collège, les notes chiffrées s'imposent. Les bulletins sont distribués deux fois par an. À noter : ce ne sont pas seulement les résultats scolaires qui sont évalués, mais aussi le comportement, qui fait l'objet d'une appréciation séparée.
Une autre différence avec l'Allemagne réside dans la fréquence comparativement élevée du redoublement. Lorsque des élèves restent en dessous de la moyenne dans plusieurs matières, c'est le conseil de classe qui décide du redoublement. Dans le secondaire supérieur, une étape intermédiaire existe souvent : les élèves ayant de mauvaises notes doivent accomplir des travaux pendant les vacances d'été et passer des examens de rattrapage. C'est seulement à l'issue de cette procédure que leur passage en classe supérieure est confirmé. En Italie, le redoublement est moins perçu comme une sanction que comme un soutien nécessaire pour combler les lacunes. Pour les familles allemandes, cela peut néanmoins représenter un choc culturel.
Ce que coûte la scolarité en Italie
Les écoles publiques sont en principe gratuites, y compris pour les enfants d' expatriés allemands, mais les parents doivent s'attendre à des frais annexes non négligeables. À l'école primaire, la plupart des manuels sont fournis, mais ce n'est plus le cas au collège et au lycée : les familles dépensent plusieurs centaines d'euros par an pour les livres scolaires et les fournitures. À cela s'ajoutent les dépenses pour les tenues de sport, les cahiers, les photocopies et, le cas échéant, la cantine.
De nombreux établissements perçoivent une « contribution volontaire » destinée à financer des projets et l'équipement numérique. Personne n'est contraint de la verser, mais beaucoup choisissent de le faire, car les écoles ne pourraient autrement pas proposer certaines activités essentielles.

La journée scolaire en Italie : un long après-midi à la maison
La journée scolaire italienne classique commence à 8 h et se termine souvent vers 13 h. Peu d'établissements proposent une journée complète, et même dans ce cas, les après-midis libres ne sont pas rares. Ce rythme marque profondément la vie de famille de manière significative : les enfants déjeunent généralement à la maison, et les après-midis sont consacrés aux devoirs, aux clubs sportifs, aux écoles de musique ou aux groupes paroissiaux. Pour les parents qui travaillent sans soutien familial, cela peut représenter un véritable défi. C'est pourquoi les places en journée complète, lorsqu'elles existent, sont souvent très recherchées.
Des études internationales comme le PISA placent l'Italie dans une position intermédiaire solide. En compréhension de l'écrit, les élèves italiens se situent régulièrement légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE, et légèrement en dessous en mathématiques et en sciences. Comme en Allemagne, on observe de fortes disparitésrégionales : le Nord industrialisé obtient de meilleurs résultats que le Sud, structurellement plus fragile. Par ailleurs, l'Italie et l'Allemagne font face à des défis similaires : baisse des performances après la pandémie, pénurie d'enseignants qualifiés et inégalités sociales croissantes.
Ce que les parents germanophones doivent savoir
Le facteur le plus important pour les enfants issus de familles germanophones, c'est la langue. Ceux qui fréquentent tôt la scuola dell'infanzia bénéficient souvent d'un démarrage nettement plus facile. Les clubs sportifs, les écoles de musique et les groupes de loisirs favorisent également l'acquisition de la langue et l'intégration au sein de la classe. Ensuite, il vaut mieux choisir l' école en fonction des points forts de l'enfantplutôt que de sa réputation. Le Liceo est exigeant et très théorique ; un istituto tecnico ou professionale peut représenter une voie plus adaptée et plus épanouissante pour de nombreux élèves.
Par ailleurs, il convient de réinterpréter le système de notes. Un 6 ne signifie pas « tout juste passable », mais simplement « admis ». Un 7 est tout à fait correct, un 8 est bon. La pression naît souvent de comparaisons erronées avec le système allemand. Enfin, la communication est essentielle. Les écoles italiennes misent beaucoup sur les échanges en face à face, les réunions parents-professeurs et même les groupes WhatsApp de classe. De nombreuses informations circulent de manière informelle par le biais des représentants de parents d'élèves, et les questions du quotidien trouvent souvent une réponse plus rapide que par la voie officielle du secrétariat.
Pour inscrire un enfant dans une école italienne, les familles doivent généralement fournir quelques documents de base. Le plus important est le codice fiscale, le numéro d'identification fiscale personnel italien, qui est également délivré pour les enfants. Il sert aux établissements scolaires et aux administrations de numéro d'identificationunique. Il faut également fournir, en général, une pièce d'identité, un justificatif de domicile et, selon la région, un carnet de vaccination. Il est donc conseillé de demander le codice fiscale suffisamment tôt afin de finaliser l'inscription sans difficulté.
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