C'était la journée la plus chaude de cet été, 39 degrés. Le soleil enveloppait de toutes parts, l' asphalte fumait, et je me trouvais quelque part entre les vieux murs rouges de Bologna, à chercher le moindre coin d'ombre. Pourtant, malgré cette chaleur, la ville respirait. Jeunesse. Idées. Cigales.
Bologna, bien plus qu'une simple ville
Je n'aurais jamais imaginé que Bologna m'envoûterait à ce point. On l'appelle « La Dotta, La Grassa, La Rossa » « la Savante, la Grasse, la Rouge ». Et c'est exactement ce qu'elle est.
La Savante, car c'est ici qu'en 1088 fut fondée la plus ancienne université du monde. L' università de Bologna n'est pas simplement un établissement d'enseignement : c'est un lieu où l'Europe intellectuelle s'est forgée pendant des siècles. Dante, Copernic, Pétrarque, tous ont parcouru ces couloirs. Et aujourd'hui, plus de 900 ans plus tard, Bologna résonne encore de jeunesse : on y entend partout de l'anglais, du français, de l'italien, de l'allemand. Étudiants, stagiaires, assoiffés de savoir.

La Grasse, car Bologna est le cœur culinaire de l'Italie. Qui n'y a pas goûté les tagliatelle al ragù ne sait pas ce qu'est un vrai ragù. Oubliez le « bolognese » vendu en supermarché en Allemagne. Ici, la sauce mijote pendant des heures, se sert uniquement avec des tagliatelle, et offre une révélation gustative à nulle autre pareille.
La Rouge, car le ciel, les toits et les murs arborent tous cette chaude teinte de terre cuite. Bologna donne l'impression d'être bâtie en lumière de soleil .
Une ville qui ne vieillit jamais
Ce qui m'a le plus frappé, c'est ce sentiment de renouveau permanent. On a l'impression que la ville se réinvente à chaque semestre. La jeunesse est partout : dans les bibliothèques, sur les marches des vieux bâtiments, à vélo, dans les petits cafés. On rit, on débat, on dessine, on rêve, et quelque chose dans l'air murmure : « Ce sont eux qui feront vivre cette ville. »
Il y a quelque chose d'étrange à se trouver dans une ville si ancienne qui se sent, en même temps, si jeune.

Bologna, la ville des cigales
Et puis… Bologna est aussi la ville des cigales. Elles ne se taisaient ni le jour ni la nuit. Leur chant était comme la bande-son de cette ville, constamment présent, pendant les repas, les promenades, les instants de réflexion. Heureusement, les fenêtres de l'hôtel étaient bien isolées, ce qui permettait au moins de dormir. Mais franchement, leur stridulation me plaisait. Elle fait tout simplement partie du décor.
Bologna n'est donc pas seulement la ville des universités, mais aussi celle des cigales. Elle est cultivée, sans jamais être hautaine. Ancienne, sans jamais être poussiéreuse. Ardente sous le soleil, mais débordante de vie. Et l'on y reviendrait volontiers, même par 39 degrés.




