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L'Italie pose ses limites : nouvelles règles pour les touristes à partir de 2025

Bastian Glumm4 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
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De Venise à la Sardaigne, l'Italie répond au tourisme de masse. De nouvelles réglementations concernant les hébergements de vacances, les centres historiques et les plages transforment l'expérience de voyage, mais toutes ces mesures ne font pas l'unanimité.

L'Italie se montre sensiblement plus stricte cet été. Le pays introduit de nouvelles réglementations pour faire face aux pressions du tourisme de masse. Les hébergements privés de vacances, les centres historiques très fréquentés et les plages prisées sont particulièrement concernés. L'objectif est de mieux protéger le patrimoine culturel, même si certaines mesures ont déjà été contestées en justice.

Locations de vacances : accueil personnalisé plutôt que boîte à clés ?

La nouveauté la plus controversée concerne les hébergements privés. Depuis fin 2024, une interdiction nationale des « self check-ins » s'appliquait aux locations de courte durée : les voyageurs ne pouvaient plus accéder à leur logement seuls via une boîte à clés ou un code, mais devaient être accueillis et enregistrés en personne par le propriétaire. Cette mesure visait à renforcer la sécurité, notamment en prévision de l'Année Sainte 2025 à Rome.

Toutefois, en mai 2025, un tribunal administratif du Latium a partiellement levé cette interdiction, la jugeant disproportionnée. Concrètement, cette interdiction ne s'applique plus automatiquement à l'ensemble du territoire national, mais les régions et les villes peuvent continuer à édicter leurs propres règles.

Indépendamment de ce jugement, d'autres obligations demeurent en vigueur. Chaque location de vacances doit disposer d'un numéro d'enregistrement officiel (CIN), à afficher aussi bien sur place que dans les annonces en ligne. Les hôtes doivent également enregistrer leurs voyageurs auprès de la police dans les 24 heures, sous peine d'amendes pouvant atteindre 8 000 euros. Euronews avait déjà publié un dossier complet sur le sujet fin 2024.

Venise fait payer l'entrée, Rome réfléchit

Venise perçoit des droits d'entrée depuis 2024 pour les visiteurs à la journée. Ceux qui réservent à l'avance s'acquittent de cinq euros, ceux qui se présentent sans réservation jusqu'à dix euros. Cette réglementation s'applique certains jours sélectionnés et vise à réduire l'affluence dans la vieille ville.

Des restrictions supplémentaires s'appliquent aux voyages en groupe : 25 personnes maximum par groupe, haut-parleurs et microphones interdits. D'autres villes comme Florence observent ce modèle de près. À Rome, la fontaine de Trevi fait partie, depuis le début de l' Année Sainte 2025, d'un nouveau système de gestion des flux de visiteurs. L'accès est désormais contrôlé : le nombre de visiteurs simultanés est limité à environ 400 personnes et la durée de visite est encadrée dans le temps. Aux heures de pointe, l'accès est régulé par des fermetures temporaires ou des zones d'attente.

Une passerelle transparente, installée fin 2024 à l'occasion de travaux de restauration, sert aujourd'hui de point d'observation et de contrôle. Un droit d'entrée symbolique de deux euros a été instauré pour les non-résidents, géré via un système de réservation en ligne. Cette mesure vise à réduire l' afflux de plusieurs milliers de visiteurs quotidiens et à garantir la protection du monument.

Un accès libre à la plage, comme ici à Pozzuoli (Campanie), n'a plus rien d'évident : en Sardaigne, certaines plages comme Tuerredda ne sont accessibles que sur réservation préalable. (Photo : © Bastian Glumm)
Un accès libre à la plage, comme ici à Pozzuoli (Campanie), n'a plus rien d'évident : en Sardaigne, certaines plages comme Tuerredda ne sont accessibles que sur réservation préalable. (Photo : © Bastian Glumm)

Vacances à la plage en Italie avec restrictions d'accès ?

Les paradis naturels italiens ne sont pas non plus épargnés par ces changements. En Sardaigne notamment, l'accès à la célèbre plage de Tuerredda, dans le sud de l'île, est limité. Seuls 1 100 visiteurs par jour sont admis, avec réservation en ligne préalable. Euronews avait rapporté en avril 2025 les nouveaux systèmes numériques de gestion des flux touristiques.

À cela s'ajoutent des obligations environnementales : emporter du sable, des pierres ou des coquillages est interdit dans de nombreux endroits, sous peine d' amendes pouvant atteindre 3 500 euros. Dans certaines communes, l'utilisation de serviettes sur les zones de dunes est également interdite.

Italie : plus d'organisation, moins de spontanéité

Le gouvernement italien souligne qu'il ne s'agit pas de décourager les touristes, mais de rendre le voyage plus durable et plus respectueux. La pression croissante sur les villes, les infrastructures et la nature contraint l'Italie à repenser son approche. Pour les vacanciers, cela signifie : mieux se préparer, réserver à l'avance, respecter les règles.

L'Italie reste ouverte, mais de manière plus organisée. En tenant compte de ces éléments, il est tout à fait possible de vivre en 2025 une expérience de voyage inoubliable, entre culture, nature et gastronomie.

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