Nous étions convaincus que cette fois, ce serait différent. Pas d'arrêts, pas d'escales « traditionnelles » dans le nord de l'Italie comme autrefois. Pas de Bologna, pas de Verona, pas de Florenznon plus. Il suffisait de monter en voiture et de filer directement vers le sud. Mais le voyage en avait décidé autrement. Une panne nous a contraints à une halte imprévue à Parma. Le temps que la voiture soit réparée, nous nous sommes retrouvés avec du temps devant nous, un temps que nous n'avions absolument pas prévu. Nous en avons donc profité au mieux, et nous sommes simplement partis nous promener dans la ville.
Une promenade dans Parma hivernale
C'était une journée d'hiver. Calme, lumineuse. Nous avons arpenté la vieille ville, découvert le Duomo di Parma, le Battistero di Parma, les ruelles étroites et les places qui ont leur propre rythme. Autour de la Piazza Garibaldi, un marché de Noël, une patinoire, de l'animation et cette atmosphère particulière que l'on ne peut pas décrire, seulement ressentir.
Et au détour de cette promenade, nous sommes entrés dans un petit café.
Nous avons commandé un chocolat chaud.
C'est là que commence la véritable expérience.
Ce qui nous a été servi n'avait presque rien à voir avec le « chocolat chaud » que nous connaissions. C'était de la cioccolata calda , si épaisse qu'on ne la boit pas, on la mange. À la cuillère. Lentement, presque comme un dessert.
La cuillère tenait debout, tout simplement.
Un verre d'eau accompagnait la tasse. Cela paraît surprenant au premier abord, mais après quelques cuillerées, on comprend immédiatement pourquoi : le goût est si intense qu'une pause s'impose. Et cette pause fait partie intégrante de l'expérience.
En Italie, le chocolat chaud est une culture à part entière. Il n'est pas préparé à base de poudre de cacao, mais à partir de véritable chocolat noir. On y ajoute peu de lait, parfois un peu de crème et souvent un peu de fécule. C'est précisément elle qui confère cette consistance épaisse, presque soyeuse.
Le résultat n'est pas une boisson au sens classique du terme, mais quelque chose entre la crème et le dessert chaud. On ne le prend pas « to go ». On s'installe et on prend le temps.
Et c'est peut-être précisément là tout l'essentiel.
Car ce jour-là à Parma, tout s'accordait parfaitement : la halte imprévue, la ville que nous ne pensions pas visiter, la lumière hivernale et ce chocolat chaud et dense au fond de la tasse. Il est apparu clairement que même de tels détours peuvent être un cadeau .




