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La basilique Saint-Pierre de Rome : histoire, architecture et conseils pour la visite

8 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
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Le soleil brûle sans pitié sur la place Saint-Pierre à Rome. L'air tremble au-dessus des pavés clairs et, quelque part dans la longue file d'attente, un touriste s'effondre. Il fait plus de 40 degrés au soleil, pas un souffle de vent, à peine de l'ombre. Les gens tentent de se protéger avec des chapeaux, des bouteilles d'eau ou un éventail, tandis qu'ils avancent lentement vers le but de leur patience : la basilique Saint-Pierre, la plus grande église du monde et le centre spirituel du catholicisme. Nous aussi, nous avons fait cette queue à plusieurs reprises, la dernière fois en juillet 2023, et chaque fois nous nous demandions si le moment où nous pénétrerions dans la fraîcheur de la basilique vaudrait vraiment toute cette attente. Il en valait la peine, et il en vaut toujours la peine.

Un espace de lumière et de pierre

Dès l'entrée, l'atmosphère change. Le bruit de la place reste derrière les lourdes portes, la chaleur cède la place à un souffle silencieux et vaste. Devant nous s'ouvre un espace si imposant que chaque pas suscite un peu de vénération. La lumière tombe par de hautes fenêtres, glisse sur des ornements dorés et des colonnes de marbre, sur des figures de saints et des reliefs qui racontent des histoires vieilles de plusieurs siècles. Les visiteurs s'émerveillent devant la lumière dorée qui se déverse depuis la coupole et les nefs quasi infinies qui se ramifient dans toutes les directions.

La longue histoire de la basilique Saint-Pierre

La basilique Saint-Pierre actuelle s'élève sur un lieu considéré comme sacré depuis près de 2 000 ans. Selon la tradition, c'est ici que fut enterré l'apôtre Pierre , l'un des plus proches disciples de Jésus et le premier pape. Sur son tombeau, l'empereur Constantin fit ériger au IVe siècle une basilique, un édifice monumental qui fut pendant plus de 1 000 ans le centre de la chrétienté. Cette ancienne basilique se dégrada cependant au fil du temps et, au XVe siècle, le pape Jules II décida de la reconstruire entièrement.

Vue sur la nef centrale de la basilique Saint-Pierre avec le baldaquin de bronze de Gian Lorenzo Bernini au-dessus de l'autel papal. (Photo : © Bastian Glumm)
Vue sur la nef centrale de la basilique Saint-Pierre avec le baldaquin de bronze de Gian Lorenzo Bernini au-dessus de l'autel papal. (Photo : © Bastian Glumm)

La construction du nouvel édifice commença en 1506 sous la direction de Donato Bramante. Son plan initial prévoyait une église monumentale à plan centré, en forme de croix grecque. Après sa mort, Raphaël, puis Michel-Ange et enfin Bernini reprirent le chantier. Michel-Ange conçut la majestueuse coupole qui marque aujourd'hui la silhouette de Rome. Bernini, le grand maître du baroque, acheva l'intérieur et dessina également la place Saint-Pierre, dont les colonnades en demi-cercle accueillent les visiteurs comme dans une étreinte de pierre. Après plus de 120 ans de travaux, la basilique fut solennellement consacrée en 1626.

Le baldaquin et le jeu de la lumière

La basilique Saint-Pierre est une œuvre d'art totale alliant architecture, sculpture et symbolique. Le regard est inévitablement attiré vers le centre, où le baldaquin de bronze de Bernini trône au-dessus du maître-autel. Quatre colonnes torses richement ornées soutiennent le lourd dais, qui semble presque flotter. Il se trouve exactement au-dessus de l'emplacement présumé du tombeau de saint Pierre. De là, le regard monte encore vers l'immense coupole, dont l'intérieur est inondé de lumière dorée. Qui se tient ici perçoit quelque chose de l'idée qui sous-tend tout ce faste : rendre la foi visible, non par la modestie, mais par la grandeur, la beauté et la lumière.

Malgré l'affluence, la basilique Saint-Pierre ménage toujours des espaces de recueillement. Parmi les pèlerins et les groupes de touristes, de petites scènes de dévotion se dessinent ici et là. Quelqu'un allume un cierge, une femme âgée s'agenouille devant une statue, des enfants admirent les plafonds finement peints. Un ensemble sculptural impressionnant représentant le Christ et les apôtres rappelle que la basilique Saint-Pierre n'est pas seulement un édifice, mais un récit de pierre et de lumière.

Sur le plan architectural également, la basilique est un prodige d'échelle. Les inscriptions dorées sur les arcs semblent de loin à peine plus grandes qu'une main, mais mesurent en réalité deux mètres de haut. Tout est conçu pour que l'être humain se sente petit tout en faisant partie de quelque chose de plus grand.

Le baldaquin de bronze de Bernini s'élève au-dessus du tombeau de l'apôtre Pierre. Il constitue le cœur de la basilique Saint-Pierre et l'une des plus grandes œuvres maîtresses du baroque. (Photo : © Bastian Glumm)
Le baldaquin de bronze de Bernini s'élève au-dessus du tombeau de l'apôtre Pierre. Il constitue le cœur de la basilique Saint-Pierre et l'une des plus grandes œuvres maîtresses du baroque. (Photo : © Bastian Glumm)

Une visite entre recueillement et patience

Qui souhaite visiter la basilique doit prévoir du temps. L'entrée est gratuite, mais le contrôle de sécurité à l'entrée peut, surtout pendant les mois d'été, se transformer en véritable épreuve de patience . La file d'attente sur la place Saint-Pierre est longue. En plein été, il est conseillé de venir tôt le matin, d'avoir suffisamment d'eau et de se protéger avec une coiffure adaptée. Les épaules et les genoux doivent être couverts, faute de quoi l'accès est refusé.

Les plus courageux peuvent tenter l'ascension de la coupole. Par d'étroits escaliers en colimaçon, on monte d'abord jusqu'à une galerie intérieure, puis jusqu'à la plateforme d'observation qui domine la ville. De là s'offre une vue sur toute Rome, au-dessus des toits de la Ville Éternelle jusqu'aux collines à l'ouest. Un moment inoubliable, en particulier en fin d'après-midi, quand la lumière se fait plus douce.

Entre ciel et terre

À l'intérieur, d'innombrables œuvres d'art attendent les visiteurs : la Pietà de Michel-Ange juste à droite après l'entrée, le maître-autel avec le baldaquin de Bernini, les chapelles, les mosaïques et les sculptures de marbre. Il faut prendre le temps de laisser errer son regard sur les sols de marbre brillant, les niches richement ornées et les puissants piliers.

Tombeau du pape Pie VIII dans la basilique Saint-Pierre, réalisé en 1866 par Pietro Tenerani. Au centre, le pape s'agenouille dans un recueillement silencieux, au-dessus de lui trône le Christ en juge universel, flanqué des apôtres Pierre et Paul. (Photo : © Bastian Glumm)
Tombeau du pape Pie VIII dans la basilique Saint-Pierre, réalisé en 1866 par Pietro Tenerani. Au centre, le pape s'agenouille dans un recueillement silencieux, au-dessus de lui trône le Christ en juge universel, flanqué des apôtres Pierre et Paul. (Photo : © Bastian Glumm)

Dehors, sur la place Saint-Pierre, la colonnade de Bernini enveloppe les visiteurs dans un vaste demi-cercle. La façade avec sa puissante coupole se découpe sur le ciel bleu et l'on peine à croire que cette ordonnance harmonieuse fut jadis une audacieuse expérience architecturale est aujourd'hui l'un des sujets photographiés les plus célèbres au monde.

En quittant la basilique Saint-Pierre, la lumière vive de la place vous saisit à nouveau, et la ville de Roma vous accueille avec tout son chaos, sa circulation, ses voix et sa chaleur. Pourtant, quelque chose demeure. Peut-être est-ce la sérénité de cet espace, le souvenir de la lumière dorée qui coule sur le sol de marbre. Ou simplement la prise de conscience que des êtres humains, il y a des siècles, ont créé quelque chose qui dépasse chaque individu, un édifice qui relie, l'espace d'un instant, le ciel et la terre.

Foto: © Bastian Glumm
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