Cet été, le camping sauvage fait la une de l'actualité dans le Trentino. Comme le rapporte le journal local il Dolomiti, la police de l'Alto Garda et du Ledro a consacré plus de 1 400 heures de service ces derniers mois au contrôle des infractions. La commune de Nago-Torbole est particulièrement concernée : dix campeurs y ont été surpris en train de passer la nuit illégalement. La police parle, selon le journal, d'un « phénomène en croissance » et signale de nombreux signalements supplémentaires de la part de la population.
Camping sauvage : règles strictes, amendes élevées
En droit italien, camper en dehors des emplacements officiels est en principe interdit. Toute personne prise en flagrant délit s'expose à une amende d'au moins 100 euros ; dans les zones protégées , les sanctions peuvent atteindre 1 000 euros. Selon il Dolomiti, l'interdiction est appliquée strictement dans le Trentino, en particulier dans les lieux très fréquentés comme le lac de Garde.
La situation juridique est certes claire à l'échelle nationale, mais son application reste inégale. Ainsi, Trekking.itprécise qu'en Vénétie, au Frioul-Vénétie Julienne, en Sardaigne et en Émilie-Romagne, une interdiction générale s'applique sans exception . Dans d'autres régions comme le Piémont ou les Marches, le camping sauvage est toléré pour 48 heures au maximum, mais uniquement avec une autorisation préalable de la commune. En Lombardie et en Toscane, en revanche, il n'existerait pas de réglementation régionale claire, ce qui crée des zones grises.
Les zones sensibles sous haute protection
Les règles sont particulièrement strictes dans les parcs nationaux et sur les côtes. Comme le décrit il Dolomiti, il suffit d'un auvent déplié ou de la mise en place de mobilier de camping pour être considéré comme du camping sauvage . Dans les Dolomites, notamment au sein du parc national Dolomiti Bellunesi, les contrevenants s'exposent à des amendes conséquentes.
Bivacco : l'exception tolérée
Dans certaines régions de montagne, une distinction est faite entre le camping classique et ce que l'on appelle le bivacco . Il s'agit d'une nuit passée en tente ou en sac de bivouac du coucher au lever du soleil, généralement en haute montagne et sans équipement de campingvisible. Sur le plan juridique, cela n'est pas non plus expressément autorisé, mais dans des régions comme le Trentino ou le Val d'Aoste, cette pratique est tolérée sous certaines conditions : en Val d'Aoste, par exemple, au-dessus de 2 500 mètres ou pour 48 heures maximum avec autorisation. Cette tradition est issue de l'alpinisme, où bivouaquer était souvent inévitable pour des raisons de sécurité.
Alors que le camping illégal progresse, le tourisme de camping légal connaît lui aussi un essor. Selon Camper Professional et Quality Travel , quelque 73 millions de nuitées sont attendues à l'été 2025 dans des campings et aires de stationnement soit une hausse par rapport à l'année précédente. Les offres en agriturismo, où des fermes mettent des emplacements à disposition, ainsi que les formules glamping, alliant nature et confort, sont particulièrement prisées.
Une aventure à risque
Malgré ces alternatives, le camping sauvage conserve son attrait. Les exemples du Trentino le montrent toutefois clairement : l'aventure peut coûter cher. D'après les médias italiens, les autorités entendent renforcer encore leurs contrôles . Ceux qui souhaitent profiter de la nature ont tout intérêt à opter pour des emplacements officiels et des offres légales : une façon de préserver à la fois les paysages et les communes de toute pression supplémentaire.
Encadré : le camping sauvage en Italie, les règles par région
Sources : Trekking.it, Wildhood.app, Regione Campania, Regione Calabria, SardegnaAmbiente




