Imaginez la scène : Bologna, juillet, environ 34 degrés. L'asphalte brûle, l'air est immobile, et l'on déambule dans la vieille ville aux toits rouges, à la recherche des tours, les célèbres Due Torri. Deux tours, emblèmes de la ville, comme la tour penchée pour Pisa, mais en duo et avec un caractère autrement plus solennel.
Les deux tours Asinelli et Garisenda
Les tours s'appellent Asinelli et Garisenda. Depuis des siècles, elles se dressent côte à côte comme un vieux couple qui a tout vu : guerres, amoureux, manifestations étudiantes, et désormais d'interminables travaux.
La tour Asinelli est la plus grande, la plus austère, telle une sentinelle silencieuse. Construite au XIIe siècle par la famille Asinelli, elle a traversé tous ces siècles avec une remarquable résistance. La Garisenda est plus petite, nettement inclinée, comme une petite sœurrebelle qui refuse tout simplement de se tenir droite. À noter : Dante l'a mentionnée dans sa « Divine Comédie ». Elle l'avait visiblement impressionné.
Autrefois, Bologna comptait plus de 100 tours de ce type. Les familles fortunées les construisaient comme signe de prestige, à la manière dont on achète aujourd'hui une voiture de sport. Plus la tour était haute, plus la famille était puissante. Mais le temps en a renversé beaucoup. Seules quelques-unes ont survécu, et les Due Torrisont aujourd'hui de véritables trésors architecturaux du Moyen Âge.

Vue le long de la Via Rizzoli sur les Due Torri, Asinelli et Garisenda. Malgré les travaux, elles marquent de leur présence la silhouette de la vieille ville. (Photo : © Bastian Glumm)
Travaux, échafaudages, barrières, bruits de chantier
Cet été, une légère déception attendait les visiteurs : il était impossible de s'approcher des tours. Toute la place était barrée en raison de travaux, avec échafaudages, barrières et bruits de chantier. On se sentait comme devant un musée en pleine rénovation. Pour obtenir une photo à peu près exploitable, il a fallu changer de trottoir. C'était le seul moyen de les cadrer sans clôtures.
Les tours se tenaient là, derrière tout cela. Comme un secret enfoui que l'on ne peut pas tout à fait saisir. Et c'est peut-être aussi une part de leur charme. Elles ne font pas que raconter l'histoire, elles sont l'histoire. Même lorsqu'on ne peut pas s'en approcher, elles produisent leur effet. D'une certaine façon.
Comment rejoindre les tours ?
Les deux tours se dressent en plein cœur de Bologna, à l'intersection de la Via Rizzoli et de la Strada Maggiore (plus précisément Piazza di Porta Ravegnana). Depuis la Piazza Maggiore à pied, il suffit de suivre la Via Rizzoli vers le nord : en quatre à cinq minutes environ, on les a devant soi. Depuis la gare centrale Bologna Centrale , comptez environ 20 à 22 minutes à pied en longeant la Via dell'Indipendenza jusqu'au centre historique. On peut aussi emprunter les lignes de bus TPER (par exemple les lignes 25 ou 27), soit dix à 13 minutes jusqu'au centre. En descendant à l'arrêt « Rizzoli », les tours ne sont qu'à une minute à pied (environ 70 m). Selon l'avancement des travaux en cours, l'accès immédiat autour des tours peut être limité.




