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Monterusciello : le quartier où je reviens toujours

Svitlana Glumm5 min de lecture
Foto: © Bastian Glumm
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Monterusciello, en Campanie, n'est pas pour moi un endroit inconnu, bien au contraire. Je m'y rends souvent, presque assez régulièrement pour que cela ressemble à un second chez-soi. Ce n'est pas un quartier touristique aux ruelles pittoresques ou aux monuments historiques, mais un quartier plein de vie, avec des coins qui ne sont pas toujours beaux, mais authentiques. Ceux qui ne connaissent Naples qu'à travers ses rues animées découvriront ici une tout autre facette de la région : moins de chaos, plus d'espace, mais une énergiepropre, brute. Et oui, j'y retournerai en avril (et en juillet aussi).

Monterusciello, un quartier créé de toutes pièces

Monterusciello, qui compte quelque 35 000 habitants, appartient à la commune de Pozzuoli, mais se distingue nettement du vieux port ou du centre historique. Il a été construit dans les années 1980 en réponse au dévastateur séisme d'Irpinia de 1980 et aux phénomènes géologiques du bradyséisme. Les habitants du centre menacé de Pozzuoli ont été relogés, et Monterusciello a été conçu comme un vaste ensemble résidentiel destiné à offrir un nouveau foyer à des milliers de personnes.

Ce qui rend ce quartier particulier, c'est qu'il n'a pas grandi de façon organique comme tant d'autres dans la région, mais a été planifié de fond en comble. L'objectif n'était pas seulement de créer des logements , mais aussi une infrastructure fonctionnelle avec des écoles, des commerces, des parcs et des liaisons de transport. Un cinéma-théâtre, un parc archéologique et un stade de football moderne étaient même prévus, mais beaucoup de ces projets n'ont jamais été pleinement réalisés. Et, pour être honnête, Monterusciello n'est pas partout un enchantement pour les yeux. La fonctionnalité a primé sur l'esthétique pour les urbanistes. Et cela se voit.

Ce qui rend ce quartier particulier, c'est qu'il n'a pas grandi de façon organique comme tant d'autres dans la région, mais a été planifié de fond en comble. (Photo : © Bastian Glumm)
Ce qui rend ce quartier particulier, c'est qu'il n'a pas grandi de façon organique comme tant d'autres dans la région, mais a été planifié de fond en comble. (Photo : © Bastian Glumm)

Un quartier entre béton et communauté

L'architecture de Monterusciello est typique des années 1980 : grands immeubles en béton, larges avenues et un vaste réseau de rues qui contraste fortement avec les ruelles étroites et sinueuses de Naples. Les blocs gris confèrent au paysage urbain une atmosphère fonctionnelle, mais aussi quelque peu austère.

Pourtant, malgré ses origines artificielles, le quartier abrite une communauté vivante. Monterusciello a certes été créé dans l'urgence, mais ses habitants y ont bâti leur vie. On y trouve des marchés, des boulangeries, des restaurants et de nombreux petits commerces qui couvrent les besoins quotidiens. Des espaces verts existent également, même s'ils ne sont pas toujours en parfait état.

Comment y vit-on ?

À Monterusciello, la vie est plus calme qu'à Naples même. On dispose de plus d'espace, les flots de touristes sont absents et les loyers sont plus abordables. Certes, ce n'est pas le cœur de l'action, et parfois on a l'impression que tout ce qui est passionnant se passe un peu plus près du Vésuve. Mais en prenant le bus ou le train de banlieue Cumana , on se retrouve en 30 à 40 minutes au cœur de l'agitation napolitaine.

Le quartier doit néanmoins faire face à certains défis. Plusieurs équipements initialement prévus n'ont jamais été achevés, et des coins négligés subsistent. L'infrastructure pourrait être améliorée et, comme dans beaucoup de quartiers périphériques de Naples , des problèmes sociaux persistent. Pourtant, Monterusciello est bien plus qu'un lieu né de la nécessité : c'est un foyer pour de nombreuses personnes qui y ont forgé leur propre identité.

Monterusciello est déjà souvent sur ma route, c'est presque une seconde patrie pour moi. Je m'y retrouverai en avril et en juillet, et je m'en réjouis déjà. (Photo : © Bastian Glumm)
Monterusciello est déjà souvent sur ma route, c'est presque une seconde patrie pour moi. Je m'y retrouverai en avril et en juillet, et je m'en réjouis déjà. (Photo : © Bastian Glumm)

Pourquoi y revenir encore et encore ?

Franchement ? Parce que Monterusciello est désormais « mon » endroit. On n'a pas à se presser ici, on peut simplement être soi-même. La vie suit un rythme naturel, sans agitation excessive, mais sans non plus donner l'impression d'être dans un coin isolé du monde.

En avril, j'y retournerai. Je reverrai les rues familières, j'entendrai le dialecte local et je pousserai la porte des mêmes commerces où les vendeurs me connaissent déjà. Monterusciello n'est pas un paradistouristique, mais c'est un lieu authentique où la vie se déroule sans fard. Et c'est précisément pour cela qu'on l'aime.

(Photo : © Bastian Glumm)
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