Ceux qui s'installent en Italie ou y séjournent durablement s'en rendent souvent compte rapidement : Familie y occupe une place différente de celle qu'elle tient en Allemagne. Cela se reflète dans la vie quotidienne, dans les structures sociales et même dans la Constitution. En effet, le mariage est explicitement protégé en Italie. Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Et en quoi l'Italie et l'Allemagne diffèrent-elles encore aujourd'hui ? L'article 29 de la Constitution italienne dispose que la République reconnaît les droits de la famille en tant que « société naturelle fondée sur le mariage ».
Cela peut sembler, à première vue, une formule purement symbolique. Pourtant, cette vision continue de marquer de nombreux domaines sociaux et juridiques du pays. Alors que l'Allemagne s'est progressivement individualisée au fil des décennies, l'Italie est restée, dans de nombreuses régions, fortement tournée vers la famille. L'Italie a bien sûr évolué elle aussi : le nombre de Eheschließungen diminue, le mariage est contracté plus tardivement et les modes de vie contemporains font désormais partie du quotidien. Comme le rapporte l'ANSA en s'appuyant sur des données de l'ISTAT, 173 272 mariages ont été célébrés en Italie en 2024, soit 5,9 % de moins qu'en 2023. Pourtant, le mariage conserve souvent, sur le plan culturel et social, un poids différent en Italie qu'au nord des Alpes.
La famille comme pilier social
En Allemagne, la famille est aujourd'hui souvent perçue davantage comme une sphère de vie privée. En Italie, en revanche, elle constitue encore dans de nombreuses régions un Fundamentcentral de la société. Hors des grandes villes notamment, les liens familiaux jouent fréquemment un rôle beaucoup plus important. Cela se traduit notamment par le fait que de nombreux Italiens restent plus longtemps chez leurs parents qu'en Allemagne. Les structures multigénérationnelles sont nettement plus répandues, les grands-parents assurent souvent une part importante de la garde des enfants et les décisions familiales sont fréquemment prises collectivement.
Dans le Sud de l'Italie en particulier, le mariage est souvent perçu moins comme une décision purement personnelle que comme un élément de stabilité familiale. Dans des régions comme la Campanie, la Calabre ou la Sizilien les Familienbilder traditionnels exercent encore, par endroits, une influence considérable sur la vie sociale. Des villes comme Mailand, Bologne ou Turin semblent en revanche nettement plus modernes et libérales.
L'influence de la tradition catholique
Même si l'Italie n'est plus depuis longtemps un pays strictement conservateur, la tradition catholique continue de se faire sentir. Pendant des décennies, le Scheidung a été un sujet particulièrement sensible en Italie. Le divorce n'a été légalement introduit qu'en 1970, bien plus tard que dans de nombreux autres États européens.
Même après cette date, la procédure de divorce est restée longtemps complexe. Les couples devaient souvent vivre séparément pendant plusieurs années avant qu'un divorce définitif soit possible. Les règles ont depuis été simplifiées, mais l'attitude historique fondamentale reste perceptible aujourd'hui : le mariage est traditionnellement considéré comme méritant une protection particulière.
En Allemagne, l'évolution sociale s'est orientée bien plus rapidement vers l'individualisation et la Gleichstellung des différentes formes de vie. Si le mariage y conserve aujourd'hui un rôle juridique important, il ne revêt généralement plus la même signification symbolique que dans de nombreuses régions d'Italie.
Les avantages concrets du mariage en Italie
Le sujet devient particulièrement intéressant pour les personnes qui s'expatrient ou pour les couples binationaux. Le mariage offre en effet des avantages concrets en Italie. Il joue notamment un rôle important en matière de droit au séjour. Être marié à un ressortissant italien ouvre des voies sensiblement simplifiées pour le séjour et le regroupement familial. Les droits de séjour ultérieurs ou une éventuelle naturalisation s'en trouvent également facilités.
En matière de droit successoral, les époux bénéficient en Italie d'une protection relativement solide. Le conjoint survivant dispose de droits à la réserve héréditaire prévus par la loi et jouit en outre de droits particuliers sur le logement familialcommun. La déshérence totale n'est possible que dans des cas très limités. Le droit successoral italien est, dans l'ensemble, plus orienté vers la famille que dans de nombreux autres pays européens. En matière de décisions médicales ou de démarches administratives, les époux bénéficient également de droits clairement définis, souvent de manière automatique. Les couples non mariés doivent parfois fournir des procurations ou des documents supplémentaires.
Différences avec le système allemand
Quelques différences avec l'Allemagne méritent d'être soulignées. Il n'existe pas en Italie, par exemple, l'équivalent du quotient conjugal tel qu'il est pratiqué en Allemagne. Les avantages fiscaux pour les couples mariés y sont donc souvent moins marqués. L'Allemagne mise davantage sur des dispositifs fiscaux, tandis que l'Italie protège le mariage plutôt sur le plan du droit de la famille et de la culture. La valeur symbolique y est souvent plus élevée, mais les avantages financiers directs sont parfois moindres.
En revanche, la solidarité familiale joue un rôle plus important dans de nombreuses régions d'Italie. Les enfants adultes bénéficient plus fréquemment d'un soutien financier, les familles s'entraident davantage au quotidien et les proches âgés restent souvent plus étroitement intégrés dans la vie de famille . Les propriétaires, les petites communes ou les structures traditionnelles font parfois preuve d'une confiance accrue ou d'une plus grande évidence à l'égard des couples mariés. Ce n'est pas un avantage juridique officiel, mais il peut se ressentir concrètement dans la vie de tous les jours.
L'Italie se modernise, mais les différences perdurent
L'Italie évolue bien sûr elle aussi en permanence. Dans les grandes villes, de nombreux couples non mariés vivent ensemble depuis longtemps, les modèles familiaux contemporains sont devenus la norme et la société est plus libérale qu'il y a encore quelques décennies. Depuis 2016, les unions civiles pour les couples de même sexe existent par ailleurs. Toutefois, une ouverture complète du mariage, comme en Allemagne, n'existe pas encore à ce jour.
Malgré toutes ces évolutions, il reste perceptible que la famille et le mariage occupent en Italie un ancrage social différent. Pour de nombreux Allemands qui s'installent durablement en Italie ou souhaitent y vivre, cette différence ne devient souvent vraiment visible qu'au quotidien, que ce soit dans les relations interpersonnelles, dans la vie de famille ou lors de démarches administratives. C'est précisément pourquoi ce sujet fait partie des réalités italiennes que l'on ne perçoit pas immédiatement sur des photos de voyage , mais qui peuvent durablement marquer la vie dans ce pays.
Important : le mariage joue un rôle majeur pour les expatriés
À noter : pour de nombreux expatriés le mariage en Italie revêt également une importance considérable sur le plan du séjour et des démarches administratives. Cela concerne tout particulièrement les couples internationaux, par exemple lorsqu'un partenaire est citoyen de l'UE et que l'autre est ressortissant d'un pays tiers. Ainsi, lorsqu'un citoyen allemand marié à une partenaire ukrainienne s'installe en Italie avec elle, le droit européen à la libre circulation leur confère des avantages non négligeables.
Le conjoint non européen peut ainsi obtenir un droit de séjour en Italie bien plus facilement que les personnes sans lien familial avec un citoyen de l'UE. En pratique, un mariage officiellement reconnu facilite souvent les démarches administratives, les procédures de séjour et la planification de vie commune en Italie. Un aspect qui joue un rôle déterminant pour de nombreux couples binationaux au moment de s'expatrier.




