Le Lago d'Averno, à quelques kilomètres à l'ouest de Naples, est un lac de cratère paisible, entouré de vignes et de lauriers. Dans l'Antiquité, il était considéré comme un lieu mythique – des poètes tels que Virgile le décrivaient comme l'entrée des Enfers. Sur la rive nord-est du lac se dresse une imposante ruine datant de l'époque impériale romaine, longtemps désignée sous le nom de « Temple de Diane » ou « Temple d'Apollon ». Il s'agit en réalité des vestiges d'une monumentale salle thermale – un fascinant exemple d'architecture romaine, et l'un des éléments d'un paysage culturel largement oublié.
Un « temple » au bord du Lago d'Averno qui n'en est pas un
Dès les XVIIIe et XIXe siècles, les voyageurs attribuèrent à cette ruine des noms variés : tantôt temple de la déesse lunaire Diane, tantôt lieu de culte d'Apollon, en accord avec la tradition sibylline de la région. Aucun lien direct avec un culte templier n'a cependant pu être établi archéologiquement.
La structure, un grand bâtiment en brique coiffé d'une coupole, avec abside, niches et adductions d'eau, laisse plutôt penser qu'il s'agissait d'une partie d'un complexe thermal ou nymphée antique. L'édifice date vraisemblablement du Ier ou du IIe siècle apr. J.-C. et illustre de manière exemplaire la maîtrise technique des ingénieurs romains dans l'utilisation du béton, la construction de voûtes et les techniques hydrauliques.

Un site au cœur du foyer culturel de l'Antiquité
Le Lago d'Averno n'était pas un lieu isolé à l'époque romaine. Il se trouvait au centre des Campi Flegrei – une région densément peuplée, parsemée de villas, de thermes et de sanctuaires. À proximité immédiate se trouvaient Cumae avec son célèbre temple de la Sibylle, la station balnéaire de Baiae et le port de Portus Julius. La salle au bord du lac d'Averno pourrait avoir fait partie d'un vaste établissement de bains ou d'un centre de villégiature, peut-être même doté de fonctions spirituelles.
La situation stratégique en bordure du lac plaide pour une mise en scène délibérée : eau, architecture et paysage s'y conjuguaient de manière saisissante. En ce sens, la salle peut tout à fait être interprétée comme un lieu de représentation et d'expression du mode de vie romain.
Aujourd'hui : une promenade entre histoire et nature
La ruine est aujourd'hui accessible au public et se trouve directement sur le chemin de tour bien aménagé qui fait le tour du Lago d'Averno. Le sentier traverse une végétation dense, longe des vignes, de vieux murs en pierre et des émanations soufréesqui s'échappent du sol. Le lac est calme, presque mystique, et peu fréquenté par les touristes, ce qui en fait un lieu idéal pour ceux qui apprécient les sites historiques dans un cadre naturel. C'est aussi un espace de détente pour les habitants de la région.

Il n'y a ni droits d'entrée, ni panneaux indicatifs, ni barrières : la visite est possible de façon spontanée et sans contrainte. La ruine elle-même est bien conservée et particulièrement photogénique, surtout à la lumière du matin ou du soir.




